Faire un semestre Erasmus ?

Et pourquoi pas !

Vous rêvez de partir à l’étranger pendant vos études ? D’apprendre une autre langue, de découvrir une autre culture et d’enfin vivre votre indépendance ? Pour autant, la peur de voyager seul ou le manque de vos proches vous font hésiter ? Pour vous, Avenir Lycée est allé à la rencontre de trois étudiants parti un semestre ou une année en Erasmus. Estelle, Alexandre et Léa vous livrent leur appréhension avant leur voyage, leurs impressions, pendant et après, ainsi que leurs meilleurs conseils.

ALEXANDRE

 

20 ans, étudiant en 3ème année
à l’EFAP (Ecole Française des Attachés de Presse) : MADRID



Les cours
Alexandre revient d’un semestre Erasmus à Madrid (Espagne). Il a passé quatre mois dans la capitale espagnole, pour étudier le journalisme et la communication à l’université Camilo José Cela. « J’étudie la communication, mais je suis davantage intéressé par le journalisme. Les qualités requises sont les mêmes : l’ouverture d’esprit, la qualité d’écriture, et le suivi de l’actualité. Les cours et les partiels sont en espagnol, ce qui demande une masse de travail assez conséquente. Ceux qui pensent que le semestre Erasmus est de tout repos se trompent. Pour autant, le fait de choisir ses matières fait que l’on assiste en général à des cours intéressants, donc plus facile à comprendre. »

La vie quotidienne
« Dans la vie quotidienne, rien n’est cher ! L’alimentation, les sorties, les vêtements, tout est moins cher qu’en France. Il faut bien répartir son budget pour profiter un maximum. J’ai souhaité voyager le plus possible en Espagne, à raison d’une ville par mois. J’ai donc visité Salamanque, Majorque et Lisbonne. Organiser un week-end avec des amis est toujours synonyme de bons souvenirs. Je recommande particulièrement Salamanque, qui est une très belle ville étudiante très animée.
Concernant la ville en elle-même, c’est beaucoup plus petit que Paris. Le centre ville se traverse en 15 minutes. Il est très important, dans la limite de son budget, de choisir un logement situé dans le centre, car vous serez à proximité de tout. Les logements varient entre 250 et 450 euros par mois en moyenne. La colocation est le meilleur moyen de côtoyer des étudiants de son âge et de s’acclimater à la ville. Le cercle d’amis se multiplie à chaque fois que vous rencontrez une nouvelle personne. »
Pour lui, l’aventure a été plus que bénéfique : « je savais en partant ce que je voulais plus que tout : parler espagnol pour travailler en Amérique du Sud après mes études ». Et alors ? « En un semestre, personne ne devient réellement bilingue, à moins d’avoir des bases extrêmement solides avant de partir. Néanmoins, la fluidité vient petit à petit et au bout de trois mois, je n’avais plus besoin de réfléchir pour trouver mes mots ». Quel bilan ? « Je sais que dorénavant, je me sentirai à l’aise dans n’importe quel pays hispanophone ». Objectif atteint donc pour ce jeune étudiant en communication, qui a depuis repris ses études à Paris.

 

ESTELLE

 

24 ans, étudiante en Master à l’ESG Management School : DUBLIN



L’année dernière, Estelle est partie à Dublin (Irlande), pour y passer cinq mois, entre Février et Juin. Pour elle, l’objectif principal était d’internationaliser son CV : « je sais qu’à expérience professionnelle égale, un semestre ou une année à l’étranger est extrêmement valorisant pour les recruteurs. Non seulement vous maîtrisez une autre langue, mais cela montre également votre capacité d’adaptation, votre goût pour la prise de risques et votre ouverture d’esprit, qui sont des qualités appréciables au sein de n’importe quelle entreprise. » Les cours ? « Intéressants ! Le fait d’avoir d’autres Erasmus dans sa classe aide à l’intégration. On s’entraide. Beaucoup d’étudiants des pays nordiques maitrisait par exemple très bien l’anglais, mieux que moi, et m’aidait pour les devoirs. Les cours de management et de finance sont aussi plus intéressants car ils divergent quelque peu de ceux enseignés en France ».

La vie quotidienne
Le premier mot qui vient à la bouche d’Estelle, originaire de la région bordelaise, c’est le froid. « Février, c’est la pire période. On arrivait parfois en dessous des -10° C. On s’habitue, mais c’est vrai que la transition peut être brutale. Il faut s’y préparer. Autrement, Dublin est une ville extrêmement festive. Les Irlandais sont très ouverts d’esprit et accueillants. La chaleur des habitants compense le climat ! ». Son coup de cœur ? Le Ely gastro pub ! « J’y allais minimum une fois par semaine ! On y trouve des recettes classiques de la cuisine anglo-saxonne, finement cuisiné et pour pas cher. Une mention spéciale au « Guiness Bread » (le pain à la bière Guiness). Succulent ! ».

Mais la question que tout le monde se pose, c’est celle du logement : « je vivais dans le campus de l’University College Dublin (UCD), pour 380 euros par mois. Ce n’est pas le meilleur confort que j’ai connu, mais l’ambiance est extrêmement plaisante. Des zones sont réservées aux études et sont extrêmement bien équipées : bibliothèque internationale, salles d’études, salles informatiques etc. Le campus est une valeur sûre ». Et l’ambiance ? « Familiale. En quelques jours, je me suis fait des réels amis. Vivre 24 heures sur 24 avec les mêmes personnes fait que l’on crée des affinités que l’on n’a pas forcément avec nos amis en France. C’est différent. Maintenant, j’ai des amis partout en Europe, et mêmes aux Etats-Unis et au Canada. La dernière fois, nous nous sommes retrouvés à Berlin ; c’était un peu comme dans Les Poupées Russes (le film de Cédric Klapisch, ndlr). L’année prochaine, Estelle a d’ores et déjà prévu d’aller étudier à Montréal, au Canada.

 

LÉA

 

21 ans, étudiante en 2ème année
à l’Université de Strasbourg : FRIBOURG



Etudiante en Histoire à l’Université de Strasbourg, Léa a décidé d’aller étudier pour un an à l’Université de Fribourg (Allemagne). Passionnée par la construction européenne et l’histoire germanique, elle n’a pas beaucoup hésité à l’heure des choix : « J’avais le choix entre Budapest (Hongrie) et Fribourg. Pour moi, l’Histoire de l’Allemagne, c’est l’Histoire de l’Europe. J’ai voulu aller directement sur le terrain pour intensifier mes recherches ». Situé à quelques dizaines de kilomètres de la frontière Française, Fribourg contient une part importante d’étudiants européens, et notamment Français. « C’est vrai que le nombre conséquent de français est une barrière pour vivre en immersion totale. Cependant, cela a été un avantage important au début, pour l’acclimatation ». Plus tard, Léa aimerait bien travailler au sein d’organisations internationales, dans la recherche historique.

La vie quotidienne
« L’Allemagne, c’est le cœur de l’Europe ! Les gens sont dynamiques et très sportifs. Les étudiants finissent tôt les cours (vers 15 heures) et une grande majorité fait du sport après, en club. Les stades et les gymnases sont plein tous les week-ends. L’ambiance générale ? « C’est un peuple chaleureux et festif. On se sent vraiment chez soi. Les bars affichent complet tous les soirs, et l’ambiance est vraiment sympa ! ». Nous sommes vraiment bien accueillis, de par notre histoire commune qui nous lie depuis des siècles. En France, j’habite à 20 minutes de la frontière, et il m’arrive d’aller régulièrement passer un week-end de l’autre côté de la Ruhr. »

Pour elle, comme pour Alexandre, découvrir l’Allemagne dans son ensemble était primordial : « puisque j’étais au cœur du pays, je me suis dis que c’était l’occasion ou jamais pour voyager dans toute l’Allemagne : j’ai visité Munich, Dortmund, Berlin et Cologne, entre autres. C’est un pays riche, au niveau de l’Histoire, du patrimoine, des traditions et de la ferveur. Vivre en Allemagne, c’est acquérir un mode de vie somme toute assez différent. Le matin, les gens sont contents d’aller travailler, je trouve que c’est la principale différence avec les Français ».
L’autre point fort que la jeune strasbourgeoise a apprécié, c’est la gastronomie : « c’est vrai qu’on mange très, très bien : beaucoup de charcuterie, de très bon fromages et bien sûr, la spécialité fribourgeoise : la forêt noire ! Sûrement le meilleur gâteau de l’Allemagne. La forêt noire, en allemand Schwarzwälder Kirschtorte, est une génoise au cacao, parfumée au kirsch, et fourrée de cerises au sirop et de crème chantilly. Elle est recouverte de crème chantilly et décorée de copeaux de chocolat. » Le nom de cette pâtisserie fait évidemment référence à la forêt noire, zone rurale dans laquelle Fribourg se situe. Aujourd’hui, Léa entame son second semestre qu’elle finira en Juin. Un dernier mot sur les exams ? « Quand on aime ce qu’on fait, il n’y a aucune raison d’échouer ».