COMMENT REUSSIR DANS LE JOURNALISME ?

Mars – Février. Le Bac n’est même pas encore en poche que l’ultime question est, déjà, présente dans tous les esprits : Qu’est ce que je vais faire plus tard ?

Certains veulent être avocats, d’autres vétérinaires. Lui veut devenir pompier, elle veut devenir infirmière, et vous ?  Journaliste…

 

 

Passionnément journaliste

 

Autrefois définit comme un cercle fermé, le journalisme est désormais un domaine en plein essor (explosion du multimédia et multiplication des chaînes de télé…). Il existe six grands médias : les quotidiens, les magazines, les radios, les télévisions, les agences et les sites Internet, donc, de nombreuses perspectives de carrières :

Le rédacteur suit l’actualité qui se déroule dans sa région, son pays ou le monde. Il propose des sujets au rédacteur en chef qui lui demande ou non de les couvrir.

L’envoyé spécial est un journaliste envoyé en mission pour une durée déterminée. Il est le témoin privilégié des évènements qu’il « couvre » pour sa rédaction.

Le reporter est mandaté par sa rédaction pour réaliser un reportage, pour couvrir l’actualité. A cet effet, il se comporte en témoin de l’évènement et doit produire un document (écrit, visuel ou sonore) complet et bien documenté sur le sujet.

Le journaliste radio, avec sa rapidité d’action réalise généralement lui-même ses sujets. Au moment de la prise d’antenne, le reporter et le commentateur ne font plus qu’un, avec l’adrénaline que procure le direct.

Le journaliste d’entreprise, souvent localisé en agence de communication, rédige et publie le journal interne de la société qui fait appel à son agence, ainsi que les articles et les dossiers sur la politique générale, ou sur des sujets précis de l’entreprise à l’attention des médias.

Le pigiste est un travailleur indépendant. Il « vend » ses sujets aux organes de presse. S’il est bien établit, il jouit d’une grande liberté dans son métier.

Le secrétaire de rédaction relit les articles, opère des corrections et assure le lien entre la rédaction et la fabrication du journal. C’est un journaliste doté d’une solide culture générale et d’une excellente maîtrise de l’écrit.

Le JRI (Journaliste Reporter d’Images) est à la fois cameraman et rédacteur, preneur d’images et de sons, interviewer, technicien, enquêteur et témoin.

Le reporter – photographe est un professionnel de la photographie. Il ramène des clichés qui témoigneront ou illustreront un article. Il est toujours le premier journaliste présent sur le terrain.

 

Le métier de journalisme s’appuie sur la rigueur, la précision, le savoir-faire et la recherche constante de la vérité.

 

Pour réussir dans le journalisme, il faut être mo-ti-vé… Il ne suffit pas d’aimer écrire. Il faut vraiment avoir envie de faire ce métier.  Les jeunes diplômés mettent plus de temps que leurs aînés à décrocher leur premier emploi. Dans la recherche d’un premier poste, trois stratégies dominent. Une stratégie à court terme basée sur la réalisation de stages en entreprises de presse ; une stratégie à moyen terme axée sur les différents concours organisées par les rédactions ou les groupes de presse. Enfin, une stratégie à long terme misant sur la constitution de son propre réseau de connaissance (c'est-à-dire avoir des relations).

Vouloir devenir journaliste, c’est se mettre au service de l’information, disposer d’une grande réactivité et d’un tempérament énergique.

Un journaliste doit être curieux et s’intéresser à l’actualité internationale, à l’histoire, à la politique, à l’économie, aux faits de société... Cela ne veut pas dire que vous devez regarder que le « M6 minutes ». Lire un quotidien (Le Métro ou le 20 minutes ne suffisent pas) est le meilleur moyen d’enrichir ses connaissances et acquérir une solide culture, éléments indispensables d’un bon journaliste.

Un journaliste doit avoir une ouverture d’esprit, qui permet d’atteindre, dans la mesure du possible, l’objectivité et la tolérance.

Un journaliste doit être aussi débrouillard et dynamique. Rares sont les journalistes qui n’ont pas commencé par la pige. C’est le passage obligé des débutants et rime, souvent avec précarité d’emploi. On vit que sur la commande, on n’a pas de revenus stables.

Un journaliste doit être disponible. Si vous voulez travailler 35 heures par semaine, cette profession n’est pas faite pour vous.

Un journaliste doit être inventif car la concurrence est de taille. Peu d’emploi pour de nombreuses demandes (près de 8000 journalistes sont au chômage). Donc, vous devez vous démarquer des autres et affirmez votre potentiel. Il faut savoir convaincre pour travailler.

Parlé une langue étrangère est un atout considérable car un journaliste est mené à voyager.

Dans le journalisme, plus qu’ailleurs, ce sont bien souvent les relations qui permettent de décrocher une embauche. Le culot est une manière de forcer la chance.

Le journalisme a besoin de personnalités affirmées, et riche d’une culture approfondie, et pour réussir, il ne faut pas se tromper de formation.

 

 

La formation

 

Bacs Littéraire, Economique ou Scientifique ? Peu importe. Aie ton bac et des bonnes notes dans les matières littéraires, et cette première « grosse » partie d’études sera validée. Mais le plus dur reste à venir. Ne soyez pas décourager, mais pour obtenir votre sésame (la Carte de Presse), il va vous falloir un minimum de 5 ans d’études après le Bac. Mais la bonne nouvelle, c’est qu’il n’y a pas de formation type, ce qui mène à de nombreux pièges (il y a toujours une mauvaise nouvelle).

Contrairement à certaines professions, qui nécessitent un diplôme spécifique sanctionnant un certain nombre d’années d’études, le journalisme est une profession ouverte. Aucune formation n’est donc obligatoire. Néanmoins, les jeunes journalistes sont de plus en plus diplômés et cette tendance ne peut que s’accentuer dans les années à venir. Dès lors, trois types de formations prédominent.

Exit le lycée, de nouveaux choix se présentent : A - Université, B - Prépa ou C - Ecole ?

 

 

Le CFJ (Centre de formation des journalistes) de Paris.

C’est le nec plus ultra de la profession avec l’ESJ de Lille. 750 candidats pour 45 places. La majorité des admis possèdent au moins une Licence. Environ 2300 € de frais de scolarité par an. www.cfpj.com Tel. : 01.44.82.20.00

 

L’ESJ (Ecole supérieure de journalisme) de Lille.

600 candidats pour 50 places. 2000 € de frais de scolarité par an.

www.esj-lille.fr Tel. : 03.20.30.44.00

 

Le CUEJ (Centre universitaire d’enseignement du journalisme) dépend de l’université de Strasbourg 3 et délivre une MST (maîtrise de sciences et technologie) journalisme et techniques de l’information.

 

Le CELSA (Ecole des hautes études en sciences de l’information et de la communication) est rattachée à l’université Sorbonne – Paris 4.

www.celsa.fr

 

L’EJCM (Ecole de journalisme et de communication de Marseille) est rattachée à l’université d’Aix-Marseille 2, et délivre une MST en journalisme et communication. 500 candidats pour 20 places.

www.ejcom.marron.univ-mrs.fr Tel. : 04.91.24.32.00

 

L’IPJ (Institut pratique du journalisme) de Paris. 500 candidats pour 40 places. 80 % des admis ont au moins une Licence. 3050 € de frais de scolarité par an.

Tel. : 01.42.81.21.71

 

L’EJT (Ecole de journalisme de Toulouse) dépend de l’Institut catholique. 30 places pour 160 candidats.

Tel. : 05.62.26.54.19

Etre diplômé de l’une de ces écoles garantit une entrée plus rapide dans la profession.

 

 

Les métiers du journalisme

Face aux difficultés économiques et au climat morose qui l’anime depuis plusieurs années, le journalisme se tourne vers les nouveaux médias, qui constituent aujourd’hui une bonne porte d’entrée pour les candidats fraîchement diplômés. Conséquence directe : la polyvalence est de mise car, sur le Web, images, sons et textes peuvent cohabiter.

En ce qui concerne la formation, les treize écoles reconnues par la profession ont toujours la cote auprès des employeurs. Pourtant, seuls 15 % des professionnels sont passés par ces établissements.

 

Agencier

Dans la grande chaîne de l’actualité quotidienne, les agences de presse sont souvent les premières à collecter les informations, reprises ensuite par les journaux, les chaînes de télévision, les radios… Au "desk", véritable gare de transit de l’information, le rédacteur trie, corrige, réécrit, voire traduit et vérifie les infos.

Après quelques années d’expérience, il peut être promu au rang de reporter ou de correspondant. Les agences de presse emploient aussi des monteurs, des JRI (journalistes reporters d’images), des photographes, etc.

À côté de l’AFP (Agence France-Presse), régulièrement en crise, il existe quelques structures spécialisées dans le sport, l’économie, l’éducation, etc. La maîtrise de l’anglais est indispensable.

 

Ses compétences : analyser, synthétiser, informer.

Sa formation : elle doit être à la fois généraliste et technique. Le passage par l'une des 13écoles de journalisme reconnues est un plus. Si les deux IUT de Tours et Lannion proposent un DUT (bac+2) accessible juste après le bac, les autres recrutent des candidats ayant pour la plupart un bac+3 en poche.

 

Journaliste radio

Dans une station de radio, plusieurs catégories de journalistes cohabitent. Il y a les reporters, qui vont sur le terrain recueillir l’information, les chroniqueurs, qui conçoivent et présentent leurs chroniques, les “flash-men”, qui préparent et présentent les journaux d’actualité. Sans oublier les animateurs... qui animent les émissions.

Tous travaillent aux côtés des techniciens, professionnels de l’ombre et pourtant indispensables au bon fonctionnement de l’antenne. Chaque émission est calibrée à la seconde près : en radio, le rapport au temps est particulier et ne laisse aucune place à l’improvisation ! 

Naturellement, ce média exige une aisance orale et une diction parfaite, surtout quand on intervient en direct à l’antenne.


Ses compétences : analyser, informer, énoncer.

Sa formation : une formation spécialisée en radio permet de pousser plus facilement les portes des grandes stations. Les écoles de journalisme proposent en grande majorité des spécialisations radio.

 

Journaliste reporter d’images

C’est l’homme-orchestre de l’audiovisuel. Le JRI (journaliste reporter d’images) est à la fois rédacteur, reporter, cameraman et preneur de son ! Une vraie équipe à lui tout seul… Ce qui fait bien l’affaire des chaînes de télévision, qui cherchent à toujours plus réduire les délais et les coûts de production.

Lorsqu’il part en reportage, le JRI filme, mais c’est également lui qui élabore son sujet et, parfois même, monte les images.

Ce métier est le fruit de l’évolution du matériel audiovisuel, qui s’est allégé, compacté et simplifié au fil du temps. 97% des JRI travaillent pour la télévision. Les 3% restants sont employés par des agences d’images.

 

Ses compétences : filmer, réaliser, monter.

Sa formation : le passage par une école de journalisme s’impose pour être rapidement opérationnel. La plupart d’entre elles proposent une spécialisation de JRI. Parmi les 13 formations reconnues par la profession, seules deux (IUT Lannion et Tours) recrutent après le bac. Mais en réalité, les candidats ont souvent en poche des diplômes à bac+3 ou bac+5.

 

Journaliste web

Le journaliste Web travaille pour des médias numériques (lemonde.fr, allocine.fr, etc.). Il alimente les sites Internet en contenus éditoriaux : textes, photos, vidéos, sons…

Il doit être polyvalent et extrêmement réactif. Car contrairement à la presse traditionnelle, il peut actualiser un article après sa publication et choisir ses sujets en fonction des réactions des internautes.

L’interactivité est primordiale : le Web est le seul média où la relation avec le lecteur est aussi étroite.

 

Ses compétences : écrire, analyser, informer.

Sa formation : la plupart des écoles de journalisme (reconnues ou non) intègrent le multimédia dans leur cursus.

 

Maquettiste

Il y a quelques années, les outils du maquettiste étaient encore la colle et les ciseaux ! Aujourd’hui, ce créatif utilise un ordinateur et des logiciels de PAO (publication assistée par ordinateur). Au sein d’une rédaction, le maquettiste s’occupe de la mise en pages des journaux et magazines. Il travaille aussi pour des sites Web.

 

Afin de rendre attractifs ces différents supports d’information et en faciliter la lecture, il joue avec les couleurs et la typographie, positionne les photos, trouve le bon équilibre entre textes et images… Tout cela en tenant compte d’une charte graphique qui donnera au produit final une homogénéité et une identité visuelle. La profession de maquettiste peut s’exercer dans d’autres secteurs, notamment dans la publicité et l’édition.

 

Ses compétences : imaginer, créer, mettre en pages.

Sa formation : un BTS en communication visuelle, ou en communication et industrie graphique pouvant être complété par un DNAP (diplôme national d'arts plastiques) option communication, d'un DNAT (diplôme national d'arts et techniques) option design graphique (bac+3) ou d'un DSAA (diplôme supérieur d’art appliqué). Une école d’art après bac (École des beaux-arts, École Estienne…) est également un atout.

 

Photographe de presse

Avec l’apparition des appareils numériques, la photographie semble à la portée de tous. Pourtant, le métier de photographe ne s’improvise pas et demande un “œil” artistique particulier. La plupart des photographes de presse exercent de manière indépendante. Selon les cas, ce professionnel réalise des reportages qu’il vend ensuite à des journaux ou des agences, ou bien il travaille sur commande : il part alors en reportage avec un rédacteur et réalise les photos. Dans ce métier, la concurrence est rude et les clichés people sont aujourd’hui les seuls à bien se vendre dans un marché en crise. L’essor du numérique a modifié le travail du photographe : il ne développe plus ses photos en chambre noire, mais les travaille directement sur ordinateur.

 

Ses compétences : observer, photographier, informer.

Sa formation : s’il n’existe pas de formation spécifiquement orientée vers la photographie de presse, un cursus en photographie (bac pro photographie, BTS photographie, diplôme de l’École nationale supérieure de la photographie, etc.), une école de journalisme ou une spécialisation à l’université vous ouvrira davantage de portes.

 

Rédacteur en chef

Inutile de rêver d’un tel poste en début de carrière ! La plupart des rédacteurs en chef le sont devenus après des années de bons et loyaux services au sein d’une rédaction. Car le "rédac’ chef" est le responsable du contenu des pages publiées dans un journal ou sur un site Web, d’une tranche horaire à la radio, d’un magazine ou encore d’un journal télévisé.

Il veille au respect de la ligne éditoriale, choisit les sujets avec ses chefs de rubrique et relit, écoute ou visionne la production des journalistes.

Il réfléchit également aux moyens de faire évoluer son support média pour conquérir de nouveaux lecteurs, auditeurs, téléspectateurs ou internautes.

 

Sa capacité à diriger une équipe importe autant, voire davantage, que ses qualités d’écriture ou d’enquêteur.

 

Ses compétences : informer, décider, diriger.

Sa formation : une formation généraliste ou une école de journalisme (accessible après un bac + 3)avec plusieurs années d’expérience à faire valoir. Le secteur du Web ouvre plus facilement ses portes aux jeunes diplômés.