Prépa : prêt pour l’aventure ?

 

Votre entourage ne cesse de vous le répéter : la prépa, c’est ce qu’il se fait de mieux ! Mais savez-vous exactement à quoi vous attendre ? Êtes-vous prêt à encaisser la dose de travail à fournir et affronter la transition post-lycée ? Pour vous aider, Avenir lycée est allé à la rencontre de trois élèves des filières scientifiques, littéraires et économiques.

 

 

Trois élèves racontent la vie en prépa

Inscrits en filière scientifique, littéraire ou économique, ils sont passés du lycée à la prépa. Le choc de la notation, les astuces pour gérer les moments difficiles, les pièges à éviter : ils reviennent sur leurs débuts et livrent leurs conseils à ceux qui sont tentés par l’expérience.

 

ANNABELLE CLAMET,
18 ANS, EN 1ère ANNÉE MPSI AU LYCEE PASTEUR, A NEUILLY-SUR-SEINE (92)

 

LE CHOC DE LA PRÉPA. Pour Juliette, la transition lycée-prépa MPSI (mathématiques, physiques-sciences de l’ingénieur) a été difficile. « Je suis rentrée un jeudi. On m’a donné un devoir à rendre pour le samedi suivant, ainsi que des exercices type Centrale et Polytechnique. J’avais même des livres à lire pendant les vacances ! ». En prépa, le rythme est soutenu dès le départ. Au lycée, les professeurs prennent le temps d’expliquer. En classe prépa, ils avancent dans le programme, même si les élèves ne suivent plus. « Au bac, j’avais eu 17/20 en maths, 19/20 en physique-chimie, 17/20 en anglais… Ce qui n’est pas très significatif en soi, puisque pratiquement tout le monde a eu ces notes là dans ma classe. Mes premières notes en prépa ? 6/20 en maths, 3,5/20 en physique-chimie. De quoi avoir le moral à zéro ! ».

COMMENT ELLE A RÉAGI. « Très mal au début. D’autant que, parfois, même en travaillant plus on n’y arrive pas mieux ! ». Juliette se pose beaucoup de questions : « Est-ce que j’ai fait le bon choix ? Est-ce que je vais tenir toute l’année ? Comment vais-je faire pour sortir, voir des amis ou aller faire du sport ? J’étais un petit peu paniquée, comme les autres ».
Juliette essaie d’être plus rigoureuse (« ce qui passe au lycée ne suffit plus en classe prépa »), de travailler régulièrement (« deux à quatre heures par soir ») pour ne pas laisser s’accumuler les lacunes. Elle s’applique aussi à relativiser ses résultats et à rester positive. « C’est surtout le fait de sympathiser avec les autres élèves qui m’a rendue plus forte. On s’entraide, on travaille ensemble. D’ailleurs, notre classe a groupe Facebook sur lequel on partage et on échange beaucoup ».
Au fur et à mesure, Juliette s’habitue ainsi au rythme de la prépa : « ensuite on se réjouit d’un rien ; par exemple, quand on passe de 6 à 6,5 entre deux devoirs : on progresse ! ». Et finalement, elle ne regrette pas son orientation. « Maintenant que je me suis habituée au rythme, je peux dire que je referais le même choix. En prépa, on rencontre des personnes géniales et, même si c’est difficile, les cours sont intéressants ».

SON CONSEIL. « Il est important d’acquérir les bonnes méthodes de travail dès le lycée. En prépa, on n’a plus le temps, il est déjà trop tard. Beaucoup d’élèves prennent de l’avance pendant les vacances d’été et il me semble que la transition s’avère beaucoup moins difficile pour ceux-là ».

 

 

SEBASTIEN LEFARGE,
19 ANS, EN 2nde ANNÉE DE PREPA COMMERCIALE VOIE ÉCONOMIQUE AU LYCEE HENRI-IV, A PARIS

 

LE CHOC DE LA PRÉPA. « Le fossé à franchir entre le lycée et la prépa est assez grand. Les exigences sont nouvelles et différentes. Les profs comptent beaucoup sur notre autonomie et notre organisation dans le travail. La différence de rythme se fait aussi sentir rapidement », affirme Sébastien. Pas facile de gérer un emploi du temps surchargé (partagé entre les cours, les devoirs sur table et les interrogations orales) et d’appréhender de nouvelles épreuves (de traduction en langues étrangères, d’expression sur un texte tiré de l’actualité, de culture générale…). Les résultats de l’étudiant baissent. En maths, les premières notes qu’il obtient tournent autour de 11/20 (il avait 18 de moyenne au lycée) ; en économie, il commence avec 9/20 (contre 15 de moyenne au lycée).

COMMENT IL A RÉAGI. « J’étais dépassé. J’étais également déçu par mes premières notes. Entourée de très bons élèves, j’ai vite pris conscience de mes lacunes, notamment en langues ». Mais Sébastien ne veut pas abandonner. « Beaucoup se réorientent, notamment à Sciences po ou à Paris-Dauphine. Moi, j’avais envie de continuer. J’étais lancé, je ne voulais pas m’arrêter ».
Sébastien cherche tout de suite à redresser la barre. « J’ai pris en compte les remarques de mes professeurs, appliqué leurs conseils et tenté de répondre à leurs attentes ». Il rédige des fiches et fait des plannings de travail. En économie, il rend des devoirs plus synthétiques, s’attache à faire des liens entre les chapitres, s’astreint à apprendre son cours tous les soirs. En langues, il apprend plus de vocabulaire et revoit la grammaire. « Au fur et à mesure que l’on acquiert de l’expérience et de l’aisance dans les différentes matières, les notes remontent progressivement, assure l’étudiant. Par exemple, en espagnol j’ai eu 5, 7, 9, 13 puis 15 au dernier devoir ».

SON CONSEIL. « Il faut se lancer. Avec du travail et de la volonté, la prépa peut être une belle expérience. Mais il ne faut laisser de côté aucune matière : toutes sont importantes aux concours. Enfin, il est indispensable d’avoir confiance en soi, en ses capacités et de ne pas se laisser décourager par les premiers résultats. Si on avait 15/20 dès le premier jour de la première année, il serait inutile de faire deux ans de prépa ».

 

 

 

SARAH ROYER,
18 ANS, EN 1ère ANNÉE DE PRÉPA LITTÉRAIRE OPTION LANGUES SCIENCES HUMAINES AU LYCEE CHAPTAL, A PARIS

 

LE CHOC DE LA PRÉPA. « Se mettre à travailler dès le premier jour, ça fait un choc. Les horaires sont beaucoup plus intenses qu’au lycée, surtout si l’on habite en banlieue comme moi ». Les cours ? « Très denses - on n’a pas une minute de répit - mais également très intéressants. Je sais que quoi qu’il advienne après ces deux années, tout ce que j’aurais appris sera acquis et ne sera pas perdu ». Motivée et sûre d’elle, Sarah s’était préparée à ce choc. Cependant, comme les autres, ses notes chutent. Malgré un voyage à Londres pendant l’été, ses notes d’anglais passent de 17/20 à 9/20. En philosophie, son point faible, elle chute à 4/20 après avoir décroché un 11/20 au Bac.

COMMENT ELLE A RÉAGI. « Plutôt bien ! ». Sarah a suivi trois semaines de remise à niveau pendant les vacances d’été et c’était donc en connaissance de cause qu’elle s’engageait. « Ce n’est pas pour autant que je n’ai pas eu du mal au début, mais je me suis tout de suite accrochée pour ne pas lâcher prise ».
Le plus déstabilisant, selon Sarah, a été de remettre en question ses méthodes de travail. « On réalise que ce que l’on pensait maitriser est en fait très lacunaire ou superficiel. Sur un livre d’histoire ou de géographie que l’on croyait avoir compris, on s’aperçoit que l’on n’a pas vraiment su exploiter son contenu. Il faut apprendre à repérer les éléments importants que l’on n’avait pas vus à la lecture et à les utiliser ».
L’étudiante a alors mis en pratique le principe des fiches-résumés, qu’elle juge « très efficaces pour mémoriser les cours ». Surtout, Sarah sait qu’elle doit travailler régulièrement, sans prendre de retard. Cela veut dire beaucoup de concessions sur les sorties et sur le volley-ball, sport qu’elle pratiquait depuis 10 ans. « J’allais au match le dimanche au premier semestre, mais j’ai arrêté à la fin de l’année pour mieux se concentrer sur mes cours. Je sais que je reprendrais après la prépa ».

SON CONSEIL. « S’accrocher ! Les débuts sont très difficiles, mais avec de la patience et du travail on y arrive ». Surtout, il est important de se constituer un bon groupe d’amis avec qui on peut travailler et se détendre de temps en temps. Sarah n’a pas eu trop de difficultés à rencontrer des étudiants, grâce, notamment, aux soirées d’intégration/désintégration proposée par son lycée, « même si celles-ci se font de plus en plus rares dans l’année, jusqu’à devenir inexistantes ».