COMMENT SE REORIENTER EN COURS D’ANNEE ?

Par Delphine Herpin    

Le changement d’orientation n’est pas un phénomène à prendre à la légère. Bien que vous ne les aimiez pas, les professeurs que vous avez ne sont pas là pour vous détruire. Ils essayent de prendre des décisions qui iront dans le sens d’un avenir prometteur pour vous.

 

Le parcours classique

En France, le système éducatif permet différentes étapes d’orientation : en fin de troisième, en seconde et ensuite en terminale.

Il faut pour votre orientation vous demander ce que vous voulez faire plus tard, quand vous serez « grands ». Ensuite, il vous faudra vous renseigner sur les études à suivre dans ce cas de figure. Pour cela deux lieux incontournables, vous fréquenteraient : le CIO et le SCUIO. N’hésitez pas à aller faire un test d’orientation au SCUIO. « Le seul truc c’est que si vous arrivez trop au courant sur une formation le test ne vous sera pas. Les conseillers penseront que vous allez truquer le test » comme cela est arrivé à Daphné. Bref, introspectez vous. Quelles sont les matières qui vous attirent et celles que vous ne supportez pas (j’entends par là le contenu pas le professeur). Ensuite confrontez votre opinion à celui de vos professeurs et discutez en. C’est eux qui sont au conseil de classe et peuvent faire basculer votre dossier dans le sens de vos aspirations. Bien sur si en seconde vous êtes nul en français et que vous n’avez pas pris l’option économie, le choix de la voie à suivre en filière générale se restreint considérablement. Il ne vous reste plus qu’à faire une première scientifique et vous embarquer sur la sensément « voie royale ».

 

Le passage première, terminale

Maintenant vous pouvez faire une première scientifique et vous rendre compte que ce qu’il vous fallait était une première littéraire (ou l’inverse). Pas de panique. C’est occasionnellement possible. Il faut pour cela demander un changement d’orientation à votre professeur principal qui vous donnera les étapes à suivre, comme le dépôt d’un dossier auprès du chef d’établissement. Dans tous les cas c’est au principal que revient la décision finale, après avoir consulté l’équipe pédagogique. Cette procédure garde toutefois un caractère exceptionnel et ne peut en aucun cas se voir banaliser. En effet, l’élève qui change d’orientation se voit conserver ses notes d’épreuve anticipée du baccalauréat. Par exemple pour le bac français. Si vous êtes en première scientifique et que vous allez vers en terminale littéraire, vous aurez passé l’épreuve anticipée correspondante au bac S mais vos notes seront conservées pour votre bac L, seuls les coefficients appliqués à ces notes sont modifiés. A cela s’ajoute le fait que le passage première S, terminale L, reste le plus simple. Ce transfère, Loraine l’a testé, elle raconte : « c’est la meilleure chose que j’ai pu faire. J’adorais les mathématiques et le français, mes notes le permettant mes profs m’ont conseillé de faire S, une fois dedans je me suis aperçue que je ne voulais pas continuer, j’ai donc demandé un changement de filière. Je suis passée en L option mathématiques. J’ai conservé mes notes du bac français passé en première S. ce qui est plutôt cool, c’est plus simple qu’en L, on a moins de choses à apprendre. » Dans le cas d’un passage L vers S ou ES, il vous sera très certainement demandé de prendre des cours de remise à niveau dans certaines matières comme en économie pour la ES ou la physiques et la biologie pour la S.

 

Changement en cour d’année

Les professeurs sont plutôt récalcitrant à cette idée, compte tenu des implications psychologiques. Les changements en cours d’année sont généralement dus à des déménagements. Mais là encore attention, prière de vérifier si le nombre de places permet ce changement d’établissement, avant de vous radier de votre lycée ou collège.

Pour ce qui est du changement de filière, là encore la décision en revient au chef d’établissement qui décidera en s’appuyant sur l’ensemble des informations collectées par ce dernier. Bien évidemment il vous est conseillé de rencontrer un conseiller d’orientation avant d’aller plus loin dans vos démarches. C’est délicat, vous allez vous retrouver en cours d’année avec des personnes que vous ne connaissez pas forcément et l’adaptation risque d’être délicate.

 

La déscolarisation

Il est de notoriété publique que la scolarité n’est obligatoire que jusqu’à seize ans. Au-delà aucune sorte d’étude n’est obligée par l’éducation  nationale. La solution si vous voulez continuer sans aller dans un cadre adapté, il vous reste le CNED (Centre National d’Enseignement à Distance). Ceci dit il faut prendre cette solution comme en alternative dangereuse. Elle vous prive de tout contact avec vos pairs et avec d’éventuels camarades. En conclusion les implications psychologiques sont à considérer avec soin. Pourtant cette solution peut permettre aux élèves de choisir une filière déconseillée par ses professeurs, a priori. Pourtant quand les profs vous conseillent, c’est encore une fois pour votre bien. Ils ne veulent pas vous mettre délibérément sans une situation d’échec scolaire qui fait plus de mal que de bien. Vous connaissez la boucle ? Si on a de bonnes notes on s’encourage soi même à faire mieux, à l’inverse si les mauvaises notes sont là, on se décourage et c’est la boucle infernale.

 

La poursuite d’étude

La nécessité de poursuivre des études vient de la société dans laquelle nous vivons. La France est le pays des « cerveaux », nos études sont longues d’autant qu’ici le bac n’est qu’un passage obligatoire. J’entends par là que sans on ne peut rien faire mais avec, sans prolongation de scolarité, on ne peut rien faire non plus. Il faut même ajouté qu’un anciennement DEUG n’apportait rien non plus. De toute façon avec la réforme LMD, le Bac +3 est la première possibilité d’arrêt. Si c’est les études courtes qui vous attirent il n’y à plus que les BTS et IUT, encore que maintenant nombre d’étudiants poursuivent leurs études au-delà. Mais pour les adeptes du changement de filières, réjouissez vous, en faculté toutes les réorientations sont possibles. Il vous suffit d’une bonne lettre de motivation et de stages adaptés…