LES MÉTIERS DU DROIT

Les métiers du droit

Les métiers du droit sont variés, mais quasiment tous nécessitent le passage sur les bancs de la fac. Les études sont exigeantes et l’accès aux fonctions est souvent régi par un concours. Mais le droit se porte bien : les prochains départs en retraite vont bénéficier aux futurs notaires et avocats. Du côté des spécialités, plusieurs tirent leur épingle du jeu : le droit des affaires, le droit fiscal et le droit immobilier. Enfin, notez que, désormais, la maîtrise de l’anglais est quasi-indispensable pour devenir avocat.

 

Avocat

Sa fonction fascine. Tout comme son art du discours et son goût prononcé pour la théâtralité. L’avocat exerce un métier “culte”, au même titre que le pompier ou l’instit. En général, on distingue trois catégories d’avocats : les avocats d’affaires, dont les clients sont des entreprises ; les pénalistes, qui défendent notamment les auteurs présumés de crimes ou délits, et les spécialistes des affaires civiles (divorces, successions…).

Mais la plupart des jeunes avocats touchent un peu à tout et plaident aussi bien pour les particuliers que pour les sociétés. Et si l’image de l’homme de loi, en toge noire, défendant avec hargne la veuve et l’orphelin suscite toujours de nombreuses vocations, les avocats pénalistes sont ceux qui gagnent le plus mal leur vie – exception faite de quelques “ténors du barreau” !

À l’inverse, depuis quelques années, le droit des affaires offre de bons débouchés. De même, le droit de la sécurité sociale, le droit des retraites ou le droit des brevets sont des niches très porteuses. L’avocat peut ouvrir son propre cabinet, être collaborateur ou salarié. Dans ce dernier cas, il n’a pas le statut de professionnel libéral et ne peut pas développer sa clientèle personnelle.

 

Ses compétences :défendre, aider, conseiller.

Sa formation :titulaire au minimum d’un master 1 de droit (mais plus souvent d’un master 2), il a réussi l’examen d’entrée de l’un des 15 CRFPA (Centre Régional de Formation Professionnelle des Avocats), après une année de préparation dans un IEJ (institut d’études judiciaires). Il suit ensuite une formation de 18 mois (cours, stage, projet professionnel individuel), sanctionnée par le CAPA (certificat d’aptitude à la profession d’avocat). Il peut alors prêter serment et demander son inscription au sein d'un barreau.

 

Notaire

Chaque année, 20 millions de Français poussent les portes des 4.500 offices notariaux du pays. Les notaires interviennent toujours à des moments importants d’une vie : mariage, décès, succession… En apposant sa signature sur un document (contrat, acte…), ce représentant de l’État lui donne une valeur juridique et garantit ainsi son authenticité. À partir de ce moment-là, le document ne peut plus être contesté et fait office de règlement officiel.

Le notaire est pluridisciplinaire. Il intervient dans le droit de la famille, mais aussi dans l’immobilier (transactions immobilières) et dans le patrimoine (successions des biens). Lorsqu’il reçoit les personnes dans son office, il les conseille et les informe sur la portée de leurs engagements. Il est soumis au secret professionnel. De plus en plus fréquemment, les notaires s’investissent également dans le conseil aux entreprises : ils peuvent, par exemple, être consultés pour un montage juridique ou pour le rachat d’une société.  La plupart des 9.200 notaires français travaillent dans leur propre étude, en profession libérale. Ils sont assistés par des clercs de notaire, qui gèrent toute la partie administrative. Après plusieurs années d’expérience et un contrôle des connaissances techniques, ces derniers peuvent devenir notaires à leur tour.

 

Ses compétences :écouter, conseiller, authentifier.

Sa formation : après un master 1 de droit, deux voies sont envisageables. La première, dite universitaire, consiste à obtenir un master 2 professionnel en droit spécialité droit notarial, puis à préparer, en 2 ans en alternance dans un centre de formation et dans un office où il sera rémunéré, le DSN (diplôme supérieur de notariat). L’autre voie passe d’abord par un des 15 CFPN (centres de formation professionnelle notariale). Le futur notaire, titulaire d'un master 1 et sous condition d'avoir réussi l'examen d'entrée, s'y verra délivrer en un an le diplôme d’aptitude aux fonctions de notaire, qu'il devra compléter par un stage de deux ans en office.

 

Huissier de justice

On ne peut pas dire que l’huissier de justice est le professionnel du droit le plus apprécié par la population… Si cet officier ministériel souffre d’une si mauvaise image, c’est parce qu’il procède aux saisies, aux expulsions et aux recouvrements des créances. Ces pans peu réjouissants du métier ne constituent pas la majeure partie du travail.

Avant tout, l’huissier informe les citoyens qu’une action en justice a été engagée contre eux. Ensuite, il leur transmet le jugement du tribunal. Ce n’est qu’après qu’il veille à l’exécution des décisions judiciaires. Dans la majorité des cas, cela se fait à l’amiable : l’huissier conseille et recherche des solutions avec la personne jugée. L’huissier peut aussi établir des constats (dégâts des eaux, malfaçons…). Ces derniers servent de preuve devant les tribunaux et permettent aux victimes d’obtenir réparation.

Ses compétences : informer, négocier, saisir.

 

Sa formation : après une première année de master de droit ou un diplôme équivalent à bac+4, le futur huissier effectue un stage rémunéré de 2 ans et suit simultanément un enseignement théorique dispensé par les chambres des huissiers. Il passe ensuite un examen professionnel.

À noter : il est recommandé d'obtenir le certificat de clerc expert de l'ENP (École nationale de procédure), parallèlement au stage, les places aux concours étant très chères (25% d'admis).

 

Juge aux affaires familiales

Spécialiste du droit de la famille, le juge aux affaires familiales, traite des affaires de divorce et de séparation, des problèmes d’autorité parentale, des demandes de changement d’état civil… Il doit proposer des mesures de conciliation et prendre des décisions provisoires pendant la procédure de divorce. C’est lui, par exemple, qui définit les droits de garde et de visite d’enfants, qui règle les demandes de révision des pensions alimentaires…

Diplomate et conciliateur, il s’efforce de trouver des solutions acceptables pour toutes les parties, en prenant du recul face aux pressions qui peuvent être exercées sur lui. Et sans se laisser influencer par la charge émotive dégagée par certaines situations familiales…

 

Ses compétences :communiquer, décider, juger.

Sa formation : il est diplômé de l’ENM (École nationale de la magistrature) de Bordeaux (33), dont le concours d’entrée est ouvert aux titulaires d’une première année de master en droit (master 1) au minimum (dans les faits, 60% des reçus ont un master 2), ou d’un diplôme d’IEP (institut d’études politiques). La formation à l’ENM dure au total 31 mois, au terme de laquelle le juge, appelé auditeur de justice durant ses études, choisit sa spécialité en fonction de son classement de sortie.

 

Juriste d’entreprise

Un contrat de travail à signer ? Un plan de restructuration à mettre en place ? Une loi sur les retraites à appliquer ? Dans l’écheveau brouillé du droit, les dirigeants d’entreprise ont de quoi se perdre. Heureusement, pour les guider, ils peuvent compter sur les juristes d’entreprise, “conseils juridiques” à l’importance de plus en plus grande au sein des sociétés.

Spécialiste du droit, le juriste d’entreprise est avant tout garant des intérêts de sa société. Il s’assure que son employeur reste en conformité avec la loi, en veillant, par exemple, au respect des normes de fabrication des produits et des réglementations. Il accompagne également les projets de développement de l’entreprise, jouant sur la législation sans jamais l’enfreindre, pour tirer le meilleur bénéfice des différentes activités mises en place. Parallèlement, il gère les contentieux et participe aux négociations commerciales. Il se charge ensuite de la rédaction et de l’exécution des contrats.

Le juriste peut être généraliste (dans les plus petites entreprises) ou spécialiste (environnement, propriété intellectuelle…).

 

Ses compétences :analyser, conseiller, défendre.

Sa formation :titulaire d’un bac + 5 au minimum, de préférence en droit des affaires, et maîtrisant parfaitement l’anglais. Le DJCE (diplôme du juriste conseil d’entreprise), délivré par 11 universités (1 500 candidatures sur l'ensemble des sites pour 300 admis), est très prisé par les recruteurs.