La conduite accompagnée

Depuis l’année le gouvernement a crée l’apprentissage anticipé de la conduite (soit la conduite accompagnée ou l’AAC). La voiture, objet de désir depuis la plus tendre enfance devient alors accessible. Cependant, en quoi consiste exactement la conduite accompagnée ? Quels sont ses atouts et ses contraintes ?

 

Qui peut la faire ?
La conduite accompagnée est accessible à partir de 16 ans (avec autorisation parentale). Cependant elle ne s’adresse pas seulement à eux mais aussi aux personnes âgées. Comme son nom l’indique, vous n’êtes pas seul dans la voiture. Votre accompagnateur, parents ou autres doit être âgé d’au moins 28 ans et doit avoir bien sûr une certaine expérience de la route. C’est-à-dire qu’il doit disposer d’un permis de conduire depuis plus de trois ans. Il doit aussi avoir également obtenu l’accord de son assureur, ne pas avoir été condamné pour certains délits routiers et être mentionné dans le contrat de formation signé avec l’école de conduite. Il est possible de choisir plusieurs accompagnateurs.


 La formation est aussi réglementée du point de vue de la voiture. Celle-ci doit être munie de deux rétroviseurs latéraux. En revanche, les doubles commandes de freins et d’embrayage ne sont pas nécessaires.


Comment cela se passe ?
Le fonctionnement de l’AAC est simple. L’élève conducteur suit une formation à la conduite des véhicules de la catégorie B (voitures particulières, fourgonnettes…) dans un établissement d’enseignement agrée. L’élève doit obligatoirement conduire vingt heures minimum avec le moniteur de l’auto-école. Il doit aussi, pour pouvoir conduire en dehors de l’auto-école avoir obtenu son code(examen théorique du permis de conduire). Lorsque, le formateur aura jugé que l’élève ayant eu son code est apte à conduire avec un autre accompagnateur, il lui délivrera l’attestation de fin de formation initiale. Cet élève se lancera alors dans la grande expérience de la conduite. Il devra alors conduire 3000 kilomètres (sur différentes routes) L’AAC fait l’objet d’un suivi pédagogique particulièrement sérieux.


Même après l’attestation de fin de formation initiale le moniteur reste lié à son élève et à son accompagnateur. En effet, lorsque l’élève aura effectuer plus de 1000 kilomètres, il devra se présenter à l’auto-école pour son premier rendez-vous pédagogique obligatoire, de même lorsqu’il aura effectué 2000 kilomètres. Ces rendez-vous consistent à une vérification par le formateur initial du niveau de conduite de l’élève. Si vous avez menti et qu’effectivement vous êtes loin des 2000 kilomètres parcourus, votre moniteur s’en rendra compte alors autant jouer le jeu depuis le début !. Chaque rendez-vous durent trois heures et réunissent trois acteurs : votre formateur initial, votre accompagnateur et vous. Vous avez tout d’abord une heure de conduite à effectuer qui permettra de juger votre niveau, de constater vos progrès et ensuite deux dernières heures consacrées à une animation en salle, articulée autour d’échanges d’expériences et de débats sur des thèmes de la sécurité routière. Certains formateurs préfèrent juger un élève sur deux heures de conduite et de réaliser cette troisième heure en salle.


Un livret vous permet aussi de noter tous les kilomètres parcourus sur les différentes routes. De plus, il permet de noter le volume d’heures théoriques et pratiques effectuées par l’élève ; la date d’obtention de son code de la route, les différentes signatures nécessaires, les rendez-vous pédagogiques, la date qui permet de situer le nombre d’années qu’il a fallu pour parcouru 3000 kilomètres,. Toutes ses informations seront contrôlées lors de l’examen final pratique par l’inspecteur.

Les règles à respecter.
Conduire à seize ans est une chance. Cependant il ne faut pas oublier que cette conduite reste une conduite accompagnée. Ainsi, il y a des règles à respecter. L’élève sur la route est soumis à la limitation jeune conducteur (il est limité à 80 kilomètres sur route pour automobiles, et à 100 kilomètres sur autoroute). Naturellement toutes les autres règles du code de la route doivent être respectées. Vous ne pouvez pas conduire hors des frontières nationales. Il faut savoir aussi qu’en cas d’accident votre accompagnateur est l’unique responsable, c’est donc à lui de payer l’éventuelle amende et de subir un éventuel retrait de points. L’élève doit être en position de son livret lorsqu’il prend la voiture en cas de vérification. La voiture doit être munie d’un macaron autocollant signalant que vous êtes en apprentissage anticipé de la conduite.

Les avantages/les inconvénients.
Conduite accompagnée= conducteur plus sûr ou l’expérience de la route en toute tranquillité pourraient être des slogans retenus pour une promotion de la conduite accompagnée.


Elle a de multiples avantages et de moindres inconvénients.
Pour le jeune conducteur, l’avantage le plus évident est bien entendu le plaisir anticipé de la conduite. L’apprenti, lors de l’examen pratique final, aura une dose de stress nettement moins importante car il sera mieux préparé. En effet, 3000 kilomètres parcourus affichent clairement la différence par rapport aux 20 heures minimum obligatoires avant l’examen final d’une formation traditionnelle. D’ailleurs, les statistiques le prouvent : le taux de réussite à l’examen du permis de conduire est plus élevé en AAC qu’en formation classique. En effet, les élèves issus de la conduite accompagnée en 2003 ont été 75% à obtenir leur examen pratique du premier « coup » contre 55% pour la filière traditionnelle. De plus, à l’obtention de votre permis de conduire, la durée du permis probatoire pendant laquelle vous ne disposez que de six points ne sera de deux ans au lieu de trois si vous avez fait la conduite accompagnée et si pendant cette période vous n’avez fait aucune faute de conduite. En cette deuxième année vous récupérerez six points supplémentaires s’ajoutant à votre ancien capital soit douze points au total. Il existe aussi un avantage d’un point de vue relationnel.


Dans cette conduite, les relations entre l’élève et son accompagnateur sont primordiales. Elles sont aussi l’occasion pour l’accompagnateur de remettre en question ses propres pratiques et à réviser son code.


L’avantage est aussi économique. En effet, les assureurs considèrent que les jeunes qui ont fait la conduite accompagnée, ont moins de risques d’avoir un accident car ils sont plus expérimentés. De nombreuses assurances accordent à ces jeunes conducteurs des réductions conséquentes par exemple moins 50% sur la supprime jeune conducteur la première année voire même sa suppression totale la deuxième année. A une époque où les accidents de la route s’avèrent être la première cause de mortalité chez les jeunes, la conduite accompagnée apparaît comme le meilleur moyen de se préparer à conduire, à anticiper le danger et donc à mieux réagir. Ainsi un jeune qui a fait une conduite accompagnée sera beaucoup moins stressé à l’idée de prendre la voiture… SEUL.


Cependant il existe aussi quelques contraintes. Contre toute attente, le coût de la conduite accompagnée et de l’apprentissage classique est le même (environ 1100 à 1200 euros si l’examen pratique final est obtenu dès la première fois). Ensuite, Il est vrai qu’à force de conduire nous avons tendance à avoir parfois trop confiance en nous et à prendre des habitudes qu’il sera difficile par la suite d’oublier. Enfin, elle représente également un investissement personnel pour le ou les accompagnateurs qui doivent être disponibles et tolérants.


Néanmoins, la conduite accompagnée par tous ses avantages, apparaît tout de même comme le meilleur moyen pour apprendre à conduire.


Réussir sa conduite accompagnée.
Vous vous êtes enfin décidés à vous aventurer dans l’expérience de la conduite accompagnée. Mais celle-ci ne s’avérera bénéfique seulement si vous jouer le jeu. Il est important pour votre accompagnateur de prendre compte de son rôle, de lui dépendra votre future conduite. Les 3000 kilomètres sont l’objectif à atteindre cependant plus vous parcourez les routes plus votre aptitude à conduire, vos progrès se feront ressentir. Ainsi, il faut toujours garder à l’esprit que la période de la conduite accompagnée est la période où toute la différence se joue avec une formation dite classique. Ne mentez donc pas non plus sur le nombre de kilomètres que vous avez effectué. Ne vous engagez pas dans cette formation si vous êtes certain que vos parents ou autre accompagnateur ne vous aideront pas à la poursuivre.
 
Bonne route !