Bien choisir son moyen de contraception

Une belle histoire d’amour va de paire avec un contraceptif efficace et sûr. A ce titre, on pense très souvent à la pilule. Pourtant, d’autres moyens de contraception sont apparus au cours des dernières années, et un large choix s’offre désormais aux femmes et peut-être même, dans un avenir proche… aux hommes. A chaque individu et à chaque contexte correspond un moyen de contraception adapté, d’où l’importance de bien se renseigner pour se prémunir sereinement contre les risques de grossesse non désirée. Et bien sûr, les nouveaux moyens de contraception ne sauraient faire oublier l’importance du bon vieux préservatif !

 

Les mauvaises méthodes de contraception
Commençons par les exemples à ne pas suivre. La technique du retrait, tout d’abord, consiste à ce que le garçon se retire avant l’éjaculation. Cette méthode, à tort très pratiquée, conduit tout droit à un risque de grossesse qui peut aller jusqu’à 20% ! En effet, des spermatozoïdes peuvent être libérés en petite quantité avant l’éjaculation sans que le garçon ne le sente. Certaines femmes préfèrent quand à elle surveiller leur cycle (prise de température, étude du calendrier, observation de la glaire cervicale…) pour connaître les périodes à risques et éviter les rapports sexuels à ces moment-là. Outre que cela implique une très bonne connaissance des mécanismes de la reproduction et de son propre corps, cela contraint le couple à des abstinences périodiques difficiles à respecter.


Ces méthodes de contraception étaient celles utilisées par nos grand-mères, elles ne sont pas du tout fiables et sont à fuir absolument !

Les contraceptifs oraux ou pilules
La pilule existe depuis quarante ans mais elle a beaucoup évolué avant l’apparition de la « mini pilule » que nous connaissons aujourd’hui. Véritable symbole de l’émancipation de la femme, elle est aujourd’hui le contraceptif le plus largement répandu. Basée sur le cycle des hormones et adaptée à chaque femme, c’est une méthode extrêmement fiable… à condition de ne pas oublier de la prendre chaque jour. Son efficacité repose sur un triple action : elle bloque l’ovulation, rend la paroi utérine incapable de recevoir un embryon et rend la glaire cervicale hostile aux spermatozoïdes. La pilule est un contraceptif de longue durée qui peut être prescrit par un médecin généraliste ou par un gynécologue.


La pilule, contrairement à certaines craintes répandues, ne rend pas stérile ni ne provoque de cancer. Par contre, la pilule est déconseillée aux fumeuses car elle augmente de façon alarmante les risques de maladies cardio-vasculaires. Quel dommage de se priver d’un si bon moyen de contraception pour pouvoir fumer ! On accuse également parfois la pilule de favoriser une prise de poids, mais celle-ci n’est pas systématique et ne dépasse pas un kilo, sauf chez les femmes contrôlant mal leur alimentation. Elle a par contre l’intérêt de régulariser le cycle menstruel et de rendre les règles moins importantes et moins douloureuses.

Le préservatif
Il reste le seul et unique moyen de se protéger contre les maladies sexuellement transmissibles, alors que les autres méthodes vous permettent uniquement d’avoir des rapports sans risque de grossesse. Le préservatif est donc le moyen de contraception recommandé au début d’une relation (au moins le premier mois) si possible en plus de la pilule pour plus de sûreté.


Le préservatif doit être parfaitement mis en place pour éviter tout risque de déchirure et donc de grossesse et de contamination. Aussi, lisez attentivement le mode d’emploi et respectez-le scrupuleusement. Pour autant, le préservatif reste un accessoire ludique puisque vous pourrez en trouver des parfumés, des colorés et de différentes formes. Faites-en un atout et amusez-vous ! Il en existe également pour les personnes allergiques au latex.


Depuis peu, le préservatif féminin a également fait son apparition : il se présente sous forme d’un tube avec deux anneaux à ses extrémités, l’un fermé que l’on place au fond du vagin, l’autre ouvert et plus large à sa sortie. Il bénéficie de plusieurs avantages : plus solide que le préservatif masculin, il n’est pas en latex mais en polyuréthane (donc, pas d’allergies). Il ne comprime pas le sexe masculin et peut rester en place aussi longtemps que nécessaire avant et après le rapport.

Le stérilet
Le stérilet est un petit objet que l’on place dans la cavité utérine pour l’empêcher d’accueillir un ovule fécondé. C’est la deuxième méthode contraceptive utilisée par les femmes en France. Certains libèrent même une hormone pour accroître son efficacité. Il peut rester en place pendant cinq ans. Néanmoins, cette méthode de contraception soulève quelques inquiétudes : possibilités d’infections, risques de stérilité ou de grossesses extra-utérines… Réels dangers ou idées reçues ? Depuis quelques années, et après de nombreuses études, les spécialistes plaident en faveur d’une réhabilitation de ce mode de contraception, en soulignant son efficacité et son absence de risques cardiovasculaires, contrairement à la pilule.

Les nouvelles méthodes
Prendre la pilule tous les jours, c’est contraignant et les risques d’oubli nuisent à sa fiabilité (les oublis de pilule sont responsables chaque année de 20 000 interruptions volontaires de grossesse). De nouveaux produits ont vu le jour, avec pour objectif de proposer davantage de confort d’utilisation et une efficacité optimale. Parmi eux, l’anneau contraceptif, d’un diamètre de 5,4 cm, qui se place sur le col du vagin et qui libère des hormones bloquant l’ovulation. L’anneau reste en place pendant trois semaines avant d’être remplacé.


L’implant contraceptif permet quand à lui d’être tranquille pendant trois ans ! Ce bâtonnet souple de 4cm de longueur sur 2mm de diamètre se place sous la peau, dans la face interne du bras et libère un progestatif qui bloque l’ovulation. La pose et le retrait s’effectuent sous anesthésie locale. Mais cette méthode, en plus de susciter de l’appréhension, a tendance à perturber le cycle d’une femme sur deux, entraînant des désagréments plus ou moins gênant.


Citons enfin le patch contraceptif. De la taille d’un timbre, il se colle sur la fesse ou sur l’abdomen et délivre de façon continue une combinaison d’hormones. Il se change chaque semaine pendant trois semaines, la quatrième semaine étant une semaine sans patch. Le risque de décollement est inférieur à 2%, ce qui en fait une méthode fiable bien que plus contraignante que les deux autres.

La voie du futur : la contraception masculine
Bien que les méthodes de contraception se développent et tendent à simplifier la vie des femmes, un rêve demeure : celui d’un contraceptif qui permettrait aux hommes de prendre la relève, rétablissant ainsi une vraie égalité entre les sexes. Problèmes : une femme ne produit qu’une ovule par mois alors que l’homme fabrique 30 millions de spermatozoïdes par jour et cela pendant toute sa vie. De plus, les hormones masculines peuvent difficilement être manipulées sous peine de réduire les caractères viriles (pilosité, musculature…) En 2003, un institut de recherche australien faisait part de sa découverte : un implant d’une durée de quatre mois qui empêche la production de sperme. Les tests effectués pendant un an sur 55 couples ont été favorables, puisqu’aucune grossesse n’a été enregistrée. Néanmoins, les recherches sont à poursuivre avant un éventuel lancement sur le marché.