ANOREXIE, 
BOULIMIE, COMMENT S’EN SORTIR ?

Par Daphné Gastaldi

Vive les mannequins retouchées qui font de notre poids notre pire et 
meilleur ennemi ! Miroir, miroir, pourquoi suis-je la plus laide ? Stop ! 

Et si on essayait de faire la paix avec son corps sans recourir à des extrêmes comme la boulimie ou l’anorexie ?


L’anorexie, l’illusion de contrôler son corps.
Face à la pression d’un idéal de beauté occidental, des troubles alimentaires apparaissent chez les adolescentes. Aujourd’hui, environ 2% des filles sont touchées par l’anorexie. L’obsession de la nourriture, les régimes draconiens, ou l’hyperactivité caractérisent ces filles. L’anorexique a une peur maladive de grossir, c’est une perfectionniste qui a peu d’estime d’elle-même. Ne pas 
manger lui donne le sentiment illusoire de contrôler son corps donc sa vie. 

Or l’anorexie ne provient pas seulement d’un rapport compliqué à 
la nourriture, il est le résultat de problèmes psychologiques, relationnels 
ou familiaux souvent cachés ou inconscients. Voilà pourquoi elles sont dans un état d’anxiété, d’angoisse, de dépression et de manque d’assurance, surtout face aux parents.

De plus, se priver de nourriture crée de nombreux problèmes de santé. 
Le métabolisme se ralentit et s’épuise. La respiration, le pouls, la pression sanguine et même la température ralentissent. Les menstruations peuvent disparaître. La peau se dessèche, le teint devient pâle, un duvet apparaît sur le visage et le dos.

Bref, la situation peut devenir critique et conduire à l’hospitalisation. 
Le traitement est souvent long et difficile même avec l’aide de médecins 
et de psychologues car le plus dur est de reconnaître sa maladie,  d’affronter les problèmes sous-jacents et de faire le premier pas vers la guérison. Le soutien de l’entourage est nécessaire pour s’en sortir et il ne doit surtout pas faire du repas un champ de bataille.


La boulimie, entre profusion et restriction !
À l’inverse des anorexiques, les boulimiques se jettent sur la « bouffe » pour 
compenser leurs frustrations. La nourriture n’a plus aucun sens, les aliments 
sont des ennemis malsains qui ne procurent plus de plaisir, il n’y a plus de 
limite des quantités. Une boulimique saute des repas, pratique des périodes 
de jeûnes puis se jette de nouveau avec frénésie sur la nourriture. Entre concours d’avalage de boudins et appétit de moineau, elle trouve de nombreux prétextes pour ne pas manger avec les autres, ou alors consomme peu de calories sans penser aux besoins vitaux de son corps. Souvent elle essaie de manger seule, beaucoup, et se purge ensuite. Les vomissements à répétition causent des inflammations sérieuses de l’œsophage voire une perforation. L’acidité érode l’émail des dents, le corps se déshydrate et 
de nombreux étourdissements et maux de tête sont révélateurs des 
problèmes de santé.

Une boulimique, à l’inverse des anorexiques, a conscience de son problème et ne le nie point. Mais elle a aussi besoin d’un soutien médical. 

Il faut éviter de parler de poids avec quelqu’un que tu soupçonnes d’être boulimique. Et ce n’est pas non plus parce que tu te jettes sur un éclair au chocolat pendant un régime sain et diététique que tu seras boulimique !


S’aimer tout simplement !
Il ne faut pas rêver : seulement 5% de la population féminine possède une taille mannequin ( légèrement trafiquée !! ) correspondant à l’idéal de beauté. Ok, la société de surconsommation nous lobotomise les neurones avec des publicités envahissantes qui exposent à tout va des corps de femmes, dites parfaites mais virtuelles, pour vendre de la bouffe, de la bouffe et même de la pâté pour chien ! Il y a un paradoxe : il faut choisir entre vendre des produits alimentaires et montrer une anorexique en train de croquer dans un Magnum.

Aujourd’hui, le stéréotype de la beauté se confond avec le stéréotype de 
la minceur. Il faut alors rejoindre cet idéal car c’est devenu un signe de 
réussite qui a enclenché une mode de la culture physique, des régimes à gogo et une crise identitaire massive dans notre société individualiste !
 
Certes on doit manger pour vivre et non vivre pour manger mais l’acte de manger implique d’autres dimensions essentielles pour l’état psychologique des individus. On mange pour vivre, pour survivre mais aussi ( et surtout ! ) pour le plaisir et pour communiquer. Tu ne t’en aperçois pas toujours  car c’est un acte naturel et inconscient mais manger est un véritable rituel de convivialité qui se traduit par les repas de familles entre autre. Nos goûts varient suivant le contexte, l’entourage, la présentation des aliments. L’expérience de la table imprègne notre culture.

Par contre, aux États-Unis ( anti-modèle par excellence en ce moment ), 
les américains ne font pas de repas pour la plupart, ils grignotent toute 
la journée et mangent dès qu’ils en ont envie. Or le grignotage est un vrai fléau pour la surcharge pondérale ! D’autres, en bons Pantagruel, aiment manger et recherchent tout ce qui suscite leur gourmandise. Ils aiment partager leur repas avec des convives et sont des personnes très sociales.
Alors, sois bon vivant, gourmand et jovial et n’aie pas honte de ta gourmandise, c’est un signe de très bonne sociabilité et d’amour de la vie qui t’attirera la sympathie des autres ! Attention être gourmand ne signifie pas se gaver tout le temps ! N’oublie pas de surveiller avec exigence ta santé en 
consommant des aliments sains, variés, nécessaires à ton métabolisme.


Une nouvelle façon de se porter.
À cette période de notre vie, notre corps se transforme. La mutation est irrémédiable. Il va falloir assumer sa féminité, ses formes et ne pas oublier que c’est une phase transitoire : ton corps ne restera pas prisonnier 
d’un poids fixe, il évoluera constamment.

Alors aime-toi ! Il faut se la jouer ! 
Ne te cache pas dans des vêtements informes qui te donnent une allure patatoïdale plus qu’autre chose ! Même les skateuses mettent des hauts moulants avec un fut large ! Tiens-toi droite ( comme diraient tes vieux ) et ne t’avachis pas ( çà fait des bourrelets ! ).

Le plus important c’est de montrer que tu es bien dans ton corps et tu dois adopter la  démarche qui va avec. Il n’y a rien de plus attirant qu’une fille qui assume son corps et le montre. Quelqu’un qui ne s’aime pas, ça se sent et ça se transmet en quelque sorte.

Si tu entreprends de faire un régime avant l’été pour perdre les kilos superflus de l’hiver ne tombe pas dans les extrêmes alimentaires qui ne feront qu’aggraver ta santé. 

Le repas doit rester un plaisir, à partager de préférence dans un cadre convivial. On doit réapprendre à manger et ne plus manger pour manger  Même si désormais, il faudrait avoir la forme et les formes, avoir un corps sain ne signifie pas forcément avoir un corps mince !

Merci Laetitia Casta, Liv Tyler ou encore Monica Belluci qui sont des vraies femmes, belles, naturelles et pas maladives !
Au diable le regard des autres et n’oublions jamais de dire :
« Non je ne suis pas ronde mais juste un peu pulpeuse ! »